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jeudi 17 mai 2012

Comment on m'a volé mon Parc des Princes.



Alors heureuse ? C’est ce qu’on me demande souvent depuis que le PSG recolle au haut du tableau et que les finances, devenues un non-problème, nous permettent de « rêver plus grand ». Mais, ceux, qui comme moi ont ce club dans le cœur depuis toujours et qui vibraient déjà enfants dans les tribunes du Parc des Princes sont amers. C’est un drôle de sentiment que nous vivons là. Impossible de ne pas se réjouir en voyant notre club bien parti pour dominer le football français ces prochaines années mais pourtant la satisfaction n’est pas totale. Loin de là. Elle ne peut être totale puisque le PSG n’est plus le même PSG.

Le PSG en quarante ans de vie a su créer un enthousiasme, un engouement autour de lui mais aussi une ambiance particulière au sein de son cocon qu’était le Parc des Princes. L’architecture du stade permettant aussi cela, c’est avec appréhension que les équipes adverses arrivaient, se sachant attendues de pied ferme par des supporters considérant le lieu comme « chez eux ». C’est cette appropriation d’un lieu et de son mythe qu’il ne faut pas oublier, au risque de perdre ce qui fait l’identité d’un club et son authenticité.

Ce n’est ni une Ultra qui signe ce papier, ni une affiliée, ni même une proche. J’ai toujours assisté aux matchs en tribunes « Présidentielles » ou « Paris ». Mais jamais à Boulogne, jamais à Auteuil. Pourtant, c’est une ode à leur retour que j’écris ici. Le PSG, ne peut pas être lui, sans les supporters historiques, sans les Ultras qui ont fait vibrer ce club années après années et sans son stade de toujours.

Le Parc a souvent été victime de sa réputation : « On ne peut pas emmener ses enfants » « Mais t’as pas peur d’y aller ? » Enfin, soyons sérieux, on parle du Parc des Princes là, pas du Bronx. C’est pour cette raison, qu’à l’heure ou celui-ci joue son futur, il me semble important de vous témoigner la première fois que j’ai mis les pieds au Parc des Princes.
Loin des clichés dont les médias raffolent, ce jour là mon seul contact avec le grand hooliganisme parisien fut de croiser dans la rue 4 zigotos passablement très éméchés et criant plus fort que les autres. Beaucoup de choses ont été dites sur le Parc, beaucoup de ces choses étaient dites par des personnes n’ayant jamais vu ne serait-ce qu’un centimètre de celui-ci. J’insiste, ce jour là je n’ai ni vu actes racistes ni actes violents. Nous étions en famille et j’étais happée par la vue, le bruit et les couleurs. L’ambiance était spectaculaire. Les kops entrainant dans les encouragements, les chants et les sauts, tout le Parc. Aujourd’hui, près de 15 ans plus tard, je me souviens davantage de cette ambiance, des tribunes électriques, que de ce qu’il se passait sur le terrain. Mes yeux étaient rivés vers Boulogne et Auteuil. Et, c’est là la force des tribunes. On ne peut séparer la dimension purement sportive du football et l’ampleur de ce qu’on appelle le « douzième homme ». Parce que dans le foot plus que dans n’importe quel autre sport, les deux sont indissociables, n’en déplaisent à de nombreuses personnes.

J’étais enfant et je faisais partie de quelque chose de plus grand, d’un tout. J’ai alors peur que cette génération qui découvre le PSG à travers des Pastore et des Ancelotti, ne connaissent jamais le Parc que j’ai connu et aimé.
Le Plan Leproux a brisé bien plus qu’une simple ambiance. En touchant aux supporters historiques, en les excluant, en interdisant les regroupements, elle a enlevé ce qui faisait partie de l’identité du club. J’entends bien ceux qui défendent ce projet quand ils évoquent les violences et le racisme. Mais la suppression totale était-elle la bonne réponse ? On ne me fera pas croire que le Plan Leproux était un cas unique et spécialement approprié au Parc des Princes. Ce plan s’inscrit dans une logique d’aseptisation des stades français. Les dernières pressions sur les kops à St-Etienne en sont un autre exemple parmi tant d’autres. Un stade sans Ultras mais remplis de simples spectateurs, voilà le rêve de nombres de dirigeants du football français. Plus de revendications, plus de pression sur les joueurs ou sur le club, plus de protestations. Ces derniers l’ont bien compris, en diabolisant les ultras, voir en les dégageant de leurs stades, c’est un public qu’il considère comme des « clients » et non plus des supporters qu’ils peuvent attirer. Un public simple, qui avalera ce qu’on lui fera avaler comme des places plus chères ou des animations bidons.

Non, je n’ai pas envie que le Parc des Princes se transforme en cirque avec pom-pom girls et autres faux hymnes écrits par le service communication du PSG. Non, je n’ai pas envie de voir un PSG  travesti en Stade Français dans lequel un Leonardo transformé en Max Guazzini serait prêt à tout pour attirer des spectateurs. Non, je ne veux pas entendre des dirigeants parler de « clients » quand ils parlent de leurs supporters.  Oui, je veux revoir des kops, des tifos, des fumigènes et que les tribunes vacillent dans la folie et l’extrême lors d’un but. Oui, je veux retrouver un Parc des Princes qui vit, respire et  transpire le foot. Un foot populaire, authentique et qui appartient à ceux qui le font vivre, les supporters.
En France nous avons besoin de kops et d’ultras pour faire vivre un stade, au risque de passer 90 minutes à entendre sifflements et timides applaudissements.
Je ris quand je vois une tribune entière destinée aux femmes ou quand je regarde les joueurs du PSG se ridiculiser dans un clip que j’espère voir enfoui dans les tréfonds d’internet. Mais ce sont clairement des rires de résignations. Je suis attristée et dépitée de voir en quoi mon club s’est transformé. Je ne ris plus du tout en lisant la charte 12 et son obligation de « soutenir le Club dans les bons comme les mauvais moments. Donc bannir dans leurs expressions/actions publiques tout message injurieux contre le Club (ses joueurs, ses dirigeants, ses actionnaires, ses collaborateurs, ses partenaires…) » Je ne ris plus du tout en ne voyant pas Léonardo réfuter purement et simplement l’idée même d’un déménagement définitif au Stade de France.

Leproux n’est plus, son plan est resté, très rarement évoqué par les journalistes préférant louer ce projet qui a mis dehors toute violence et racisme du Parc des Princes (bonjour, vous êtes en 2012, dans le monde des Bisounours). De nombreuses personnes, pourtant parfois supporters depuis toujours sont les 1ers à défendre ce Parc des Princes à l’américaine. Les débats atteignant souvent le Point Godwin version PSG, quand on évoque les morts aux alentours du Parc. Que répondre à cela ? Certes, Leproux était dans une situation extrêmement compliquée dans laquelle il subissait toutes les pressions le menant à « réagir ». Celles de l’opinion publique, de la presse mais aussi celles venant du ministère de l’Intérieur et du Tout-Puissant de son Elysée. Forcément, il était dans l’obligation de frapper fort. C’est ce qu’il fit. Mais aujourd’hui, personne ne peut nous reprocher de critiquer un plan mal-fichu qui a décidé de stigmatiser tout un pan de supporters. Des supporters présents, bien avant Leproux et sa clique, des supporters qui avaient tout donné pour ce club. Il y a de quoi enragé.
Attention, je n’idéalise pas ici un lieu qui a également été capable du pire. Je suis bien consciente que ma première expérience au Parc des Princes, aussi belle qu’elle fut pour moi l’a été beaucoup moins pour d’autres. Je ne mets pas de côté la barrière profonde et vraisemblablement ineffaçable qui séparait Boulogne et Auteuil. Néanmoins, je déplore qu’il n’ait été trouvé des solutions davantage appropriées et respectueuses de tous. Je déplore qu’un club se transforme à ce point en produit et que l’on puisse évoquer une disparition totale de ce qui fit le PSG durant toutes ces années.
Aujourd’hui je ne sais pas s’il faut se faire une raison, tourner une page de notre histoire et prendre conscience que celle-ci est bien finie. Ou s’il faut continuer à se battre pour tenter de reconstruire ce qu’on nous a enlevé. Mais j’ai la triste impression que cela relève de la mission impossible. En plus de briser une ambiance, le plan Leproux a fait naitre de nouveaux conflits au sein des supporters. Après Boulogne/ Auteuil, voici venu le temps des historiques Vs footix. Ajouté à cela, un déménagement prolongé dans l’antre de la non-ambiance, le bien nommé Stade de France et on sonne là le glas de l’ancien PSG.

On pleurait la disparition d’une ambiance, aujourd’hui on risque de pleurer la disparition d’un stade tout court.

Abernathy Kiddo



lundi 9 avril 2012

JOGA BONITO < 2.1

Encore le ventre balloné de tous les Kinder enfilés dans la journée, c’est à 21h que ton week-end a réellement commencé. Parce qu’on le veuille ou non, ou qu’on soit conscient de la fabrication médiatique de ce classico, un PSG-OM reste toujours le paroxysme de la saison. Enfin, soyons clairs, surtout pour Canal Plus et les supporters respectifs des deux clubs. Bosser 11h d’affilés un dimanche ou vivre dans le stress de ne pas pouvoir être à 21h devant son poste, c’est la croix de ceux qui font partie de ces catégories. Coincée au fin fond du 28, j’ai moi-même vécu ce terrible moment ou tu te demandes si tu vas être destiné à regarder le match en streaming. 3h de stress pur et 1h30 de train plus tard, je suis chez moi devant ma TV, le match commence.

Tu comprends rapidement que les temps ont changé : à défaut d’avoir des tifos en tribunes, le service comm du PSG en a mis un sur la pelouse. Les marseillais, eux, sont absents du Parc, interdits de déplacement. Comme au match aller ou la saison dernière. L’information est très peu reprise dans les médias, personne ne s’offusquant plus de ce genre d’arrêtés.

Bon, clairement, à l’image de ce que devient le supportérisme en Ligue 1, le match était loin d’être flamboyant. Comme c’est souvent le cas dans les matchs à enjeu, les PSG-OM ne transcendent pas les esprits par leur qualité de jeu. Ce qui m’a clairement étonné par contre, c’est la dureté des commentaires sportifs (Canal Plus en tête puisque c’est chez eux que ça se passe) face à la technique parisienne.
Je comprends bien que face au tsunami que provoqua l’arrivée des qataris en Ligue 1, les attentes sont énormes ou du moins proportionnelles aux sommes jamais atteintes que ces derniers ont placées dans le club. Mais est-ce une raison pour parler de « crise » dès que le PSG enchaine quatre matchs sans victoires  comme cela a été le cas dernièrement? Est-ce bien raisonnable de crier aux disfonctionnements et à la mésentente dans les vestiaires lorsque le PSG est 1er au classement? Ces réactions largement portées par une presse à l’affut de la moindre erreur du club parisien, sont représentatives d’une société où on ne laisse plus le temps à rien. Il ne me semble pas infondé et naïf de penser qu’il faut laisser le temps à une équipe entièrement refaite, dans son staff, ses joueurs, ses habitudes, son jeu…

Hier soir, 9 joueurs parisiens sur onze étaient nouveaux. Ils remportent la victoire, ne semblent pas en réel danger durant la majeure partie du match et pourtant le constat général était de dire que le PSG ne créait pas du beau jeu. Laissez-moi rire, depuis quand le beau jeu est une demande systématiquement posée en Ligue 1 ? J’entends bien qu’on attend d’une équipe qui se voit « rêver plus grand » et acheter des joueurs 42 millions qu’elle produise un style intéressant mais c’est une hypocrisie totale de reprocher constamment au PSG son manque de jeu alors que ces derniers sont encore dans la phase de construction de l’ère QSI. En attendant, l’efficacité est du côté parisien (ce n’est pas Benoît Cheyrou qui dira le contraire) qui reste dans les sommets du classement. Surtout, n’y aurait-il pas exagération ? Certes, il y a des balles perdues, des passes ratées et certains joueurs transparents mais ce n’est tout de même pas dégueulasse au point d’en faire un sujet non ? Je veux dire on est en ligue 1 hein, depuis quand le « joga bonito » est une condition pour être champion ? (salut à vous amis lyonnais). Bien sur, on aimerait que chaque match soit un spectacle technique, pour l’instant ce n’est pas le cas et ça ne le sera peut-être jamais, en attendant le potentiel est énorme et ne demande qu’à être confirmé.

Quand on a connu les véritables périodes de crises du PSG, lorsque la D2 n'était pas loin et l'instabilité le maitre-mot, on s’esclaffe bien face aux tirades de ces commentateurs (suivez mon regard) incapable de nuancer leurs analyses.
Quand on connait les vrais travers du Paris-Saint-Germain qui ne supportait pas la moindre pression, s’effondrait face aux multiples changements et ne connaissait pas le terme « efficacité », on savoure ce PSG, 1er du classement qui a su garder la tête froide  et rester solide dans ce tourbillon médiatique.
Quand on a vécu ce qu’était le Parc des Princes, on espère de tout cœur que celui-ci nous reviendra. Parce qu’au-delà de l’enjeu sportif, ce qui attend Nasser al-khelaifi c’est aussi le défi des tribunes.

Sinon, dans le même temps il y avait un Réal-Valence complètement fou qui se jouait avec des occasions toutes les 5 minutes pour un…0-0 ! Comme quoi, parfois, le foot ça ne s’explique pas.

 (Big up à Ménèz homme du match, Sissoko revenu chuchoter des mots doux à Alou Diarra après son rouge et surtout à Thomas Thouroude auteur de la blague de la soirée dans l’EDD avec son : « c’est grâce à Jésus que demain on ne bosse pas ! Merci Jésus. » !)

 Abernathy Kiddo